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Quand les conditions de travail influencent la qualité du yoga : les questions à se poser, de chaque côté

il y a 3 heures
4 min de lecture


Il y a deux façons d'organiser un cours de yoga.


Dans la première, une professeure accepte le matin même de remplacer une collègue. Elle connaît peu le groupe, dispose de peu d'informations sur le contexte et doit improviser une partie de sa préparation. Elle enchaîne peut-être plusieurs contrats dans la journée, avec des attentes différentes et peu de temps entre les interventions.


Dans la seconde, elle connaît son horaire à l'avance. Les objectifs du cours, les caractéristiques du groupe, le matériel disponible et les responsabilités de chacun sont clairement établis. Elle sait qui contacter en cas d'imprévu et peut consacrer son énergie à sa préparation et aux personnes devant elle.


Dans les deux cas, la professeure a les mêmes compétences, la même expérience et la même sensibilité pédagogique.


Le talent est le même dans les deux histoires. Ce qui change, c'est tout le reste.


Derrière la première version, il y a souvent une réalité financière : multiplier les contrats pour arriver, dire oui à tout ce qui se présente, travailler sans filet. Nous croyons que cette instabilité finit par entrer dans la salle avec la prof.


Ce n'est la faute de personne en particulier. Les profs, les studios et les organisations font tous de leur mieux avec leurs propres contraintes. C'est justement pour ça qu'on a eu envie de regarder la question de chaque côté.


Côté profs : ce qui aide à arriver présente


Ce qui sépare la première professeure de la seconde tient souvent à des choses simples, qu'on oublie de rendre explicites :


•       une rémunération claire, communiquée dès le départ;

•       des attentes définies pour chaque mandat;

•       une politique d'annulation raisonnable, qui tient compte du temps réservé;

•       un processus de remplacement pensé à l'avance;

•       le temps et le soutien nécessaires à la préparation;

•       le matériel requis (ou son absence) précisé avant, pas découvert sur place;

•       des communications directes et prévisibles;

•       le respect des limites professionnelles et de la confidentialité;

•       des clauses d'exclusivité ou de non-sollicitation, s'il y en a, expliquées dès le départ;

•       les déplacements à prévoir;

•       les responsabilités de chacun, écrites noir sur blanc plutôt que sous-entendues.


Aucun de ces éléments n'est spectaculaire.

Mis ensemble, ils permettent à une prof de garder son énergie pour les gens devant elle.


Côté studios : une réalité qu'on oublie souvent


Plusieurs studios sont eux-mêmes de petites entreprises, qui composent avec des marges minces, des salles à remplir et une clientèle à fidéliser.

De l'autre côté du même contrat, un studio a donc lui aussi des besoins légitimes. Il doit pouvoir :


•       protéger sa clientèle;

•       structurer ses collaborations;

•       offrir une expérience cohérente d'un cours à l'autre;

•       communiquer clairement ses attentes;

•       établir ses propres politiques.


Ce n'est pas une contradiction avec les besoins des profs. C'est, selon nous les deux moitiés de la même équation


Côté organisations : des questions pour ouvrir la discussion


Quand une entreprise, une municipalité ou un organisme fait appel à des profs de yoga, l'expérience vécue par ses gens dépend en bonne partie de ces conditions. Les questions suivantes ne sont pas un audit. Elles servent surtout à ouvrir la conversation avec votre fournisseur :


•       Comment les profs sont-ils sélectionnés, et leurs qualifications sont-elles validées?

•       Qui assure le remplacement en cas d'absence, et dans quel délai?

•       La prof connaît-elle le groupe, le milieu et vos objectifs avant le premier cours?

•       Les conditions du mandat (horaire, durée, tarif, annulation) sont-elles confirmées par écrit?

•       Les conditions offertes aux profs leur permettent-elles de s'engager sur la durée?

•       Qui est votre interlocuteur si quelque chose doit changer?


Des réponses moins précises ne veulent pas dire que le service sera moins bon. Elles indiquent parfois que la stabilité du programme repose davantage sur la bonne volonté de chacun que sur une structure. C'est une conversation qui gagne à avoir lieu.


Le point de tension : quand une règle devient-elle déraisonnable?


Il n'y a pas de réponse unique, et l'aspect juridique relève des spécialistes. Pour y réfléchir, on revient souvent à deux principes du yoga, tirés des yamas de Patanjali.

Satya, la vérité, rappelle qu'une règle gagne à être nommée clairement, dès le départ. Aparigraha, la non-possessivité, invite à ne pas retenir plus que le nécessaire : une règle juste protège ce qu'elle doit protéger, sans aller au-delà.


Concrètement, ça donne trois questions :


•       La règle est-elle communiquée clairement avant le début de la collaboration?

•       Est-elle proportionnée à ce qu'elle cherche à protéger?

•       Les deux parties comprennent-elles pourquoi elle existe?


Nos propres ententes avec certains studios comprennent des règles sur la sollicitation des élèves ou la distance avec d'autres studios. On les présente dès le départ, et on reste ouverts à en discuter. Elles servent à protéger la relation entre le studio, la prof et la clientèle.


Une règle commerciale n'est donc pas forcément abusive. Claire et proportionnée, elle rend même la collaboration plus prévisible pour tout le monde.



Ce qu'on en retient


Revenons à nos deux histoires.

La différence entre elles est rarement une question de bonne ou de mauvaise volonté. C'est plus souvent une question de structure.


Professionnaliser le secteur ne veut pas dire éliminer les règles. Ça veut dire les rendre claires, proportionnées et compréhensibles pour toutes les parties.


Chez Strong Mama Spirit, c'est ce qu'on essaie de mettre en place, mandat après mandat : des ententes confirmées par écrit, une politique d'annulation qui tient compte du temps réservé par la prof, et une coordination des remplacements qui ne repose ni sur la prof seule, ni sur l'organisation. C'est aussi pour ça qu'on a choisi de détenir un permis d'agence de placement de la CNESST.


Selon notre expérience, c'est en se donnant des repères communs, entre profs, studios et organisations, qu'on arrive à faire de meilleurs choix ensemble.



Pour poursuivre la réflexion


Vous offrez, ou songez à offrir, du yoga ou du mieux-être à vos équipes? On prépare présentement un diagnostic express pour vous aider à faire le point, en quelques minutes, sur les conditions de votre programme.


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